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Intelligence artificielle et communication : menace ou aubaine ?

Intelligence artificielle et communication : menace ou aubaine ?

Ahhh l’intelligence artificielle… Un terme mystérieux qui n’a de cesse de nous questionner et de nourrir les fantasmes en tous genres des plus férus de technologie. Initialement apparue vers les années 1950 via le déploiement de la robotique au sein des industries manufacturières, elle s’est progressivement déployée et développée dans de multiples secteurs d’activité, de la santé à l’aérospatial, en passant par le service à la personne. Récemment associée à la collecte de données en masse, ou « big data », elle offre des opportunités d’applications technologiques exceptionnelles, et les industries de la communication ne sont pas épargnées. Mais qu’elle soit pointée du doigt ou bien glorifiée en littérature ou au 7ème art, l’intelligence artificielle n’en demeure pas moins qu’une technologie régie et contrôlée par l’homme. Alors, Big Brother va-t-il prendre le pas sur les professionnels de la communication ? Pas encore, rassurez-vous, mais l’avènement de cette technologie pourrait bien chambouler les habitudes de travail des créatifs, des marketeurs ou autres journalistes.

Une technologie prometteuse au service des communicants

Si l’on en croit les résultats d’une étude publiée en 2017 par l’agence américaine Accenture, l’intelligence artificielle pourrait accroître de près de 38% la rentabilité des entreprises, doubler les taux de croissance économique annuelle, et augmenter la productivité du travail jusqu’à 40% d’ici 2035. D’ailleurs, toujours selon cette étude, l’information et la communication font partie des secteurs qui connaîtront les meilleurs taux de croissance annuelle de la valeur ajoutée brute. L’usage de l’intelligence artificielle viendrait donc soutenir le travail humain et contribuer à des augmentations de bénéfices plus ou moins importantes, principalement grâce à l’automatisation de certaines actions.

L’intelligence artificielle pourrait accroître de près de 38% la rentabilité des entreprises

Mais alors quelles pourraient être les conséquences éventuelles du développement de technologies intégrant l’intelligence artificielle sur les métiers liés à l’information, à la production de contenu, ou bien encore à la prise de décisions marketing ? En d’autres termes, est-il envisageable que les tâches du journaliste – que sont entre autres la synthétisation d’informations et leur diffusion – puissent être remplacées par une intelligence artificielle capable d’un résultat similaire voire meilleur ? Ou bien que les créatifs d’une agence de communication se voient suggérer des accroches et des visuels par une autre intelligence artificielle pour les inspirer ?

La réponse est oui. En effet, de multiples outils sont d’ores-et-déjà dotés d’une forme d’intelligence artificielle : robots conversationnels, services clients virtuels, moteurs de recherche, assistants vocaux… Cette technologie s’immisce au cœur même de la communication des marques, et joue un rôle d’intermédiaire de plus en plus présent entre les entreprises et leur public. Dans certains cas, la communication initialement établie par l’homme est même totalement remplacée par la machine.

Quand l’intelligence artificielle conçoit des messages publicitaires ciblés

Penchons-nous sur un cas concret qui a particulièrement retenu mon attention : l’utilisation de l’intelligence artificielle dans une campagne de communication. En 2017, Toyota et l’agence Saatchi L.A se sont associés pour concevoir la campagne « Thousands of Ways to Says Yes » (« Des Milliers de Façons de Dire Oui »), afin de promouvoir le nouveau modèle de la marque, le Toyota Mirai carburant à l’hydrogène. Les concepteurs-rédacteurs de l’agence ont tout d’abord rédigé 50 phrases d’accroche qu’ils ont fourni au programme Watson d’IBM (programme doté d’intelligence artificielle et destiné aux entreprises). Le programme a parcouru le web afin de récolter un maximum d’informations sur les 100 cibles pour lesquelles était destinée la campagne, et a été en mesure de produire 1000 messages d’accroche différents et personnalisés en fonction des données analysées sur les cibles (centres d’intérêts, vocabulaire…). Une vidéo promotionnelle mise en ligne via Youtube présentait brièvement le véhicule et mettait en avant certaines des accroches conçues par la machine, mais celle-ci a malheureusement été retirée récemment. Voici quelques-uns des messages produits :

« Yes, it’s a zero emission vehicle »

« Oui, c’est une voiture à zéro émission »

« Yes, it’s mother nature approved »

« Oui, c’est approuvé par mère nature »

« Yes, this car is an ode to tech »

« Oui, cette voiture est une ode à la technologie »

Des messages qui répondent au brief et correspondent aux attentes supposées des différentes cibles, et ce seulement après deux mois et demi de travail et neuf sessions d’entraînement par l’agence. La campagne a ensuite été diffusée sur Facebook auprès des 100 cibles, après que les accroches aient été relues par les concepteurs-rédacteurs de l’agence.

Cette campagne de communication nous démontre donc de la capacité d’une intelligence artificielle à produire du contenu et à répondre à des requêtes créatives individualisées et adaptées à un grand nombre de cibles diverses. Bien que la machine nécessite d’être en premier lieu fourni en données par l’homme, on peut aisément envisager que son développement lui confère à l’avenir plus d’autonomie.

Vers une automatisation des services aux clients

D’autres applications de l’intelligence artificielle touchent la communication. Les chatbots par exemple, qui ont fait leur apparition il y a quelques temps déjà. Permettant aux utilisateurs de converser avec un programme automatisé afin d’obtenir des informations plus rapidement qu’en passant par un service de clientèle, ils répondent à des questions et exécutent des requêtes, et sont de plus en plus performants dans leur capacité à s’adapter au client, grâce au processus de machine learning. Ils permettent ainsi aux entreprises de réduire les coûts de service à la clientèle, de mieux dialoguer avec les consommateurs 24h/24 et 7j/7, de personnaliser les recommandations aux clients en fonction des historiques de conversations, et même d’automatiser des processus de commande en ligne.

L’intelligence artificielle s’essaie aussi au journalisme

intelligence artificielle Flint journalisme chatbot

En termes de journalisme, on peut relever Flint, le projet éditorial lancé en 2017 par Benoît Raphaël (journaliste et entrepreneur digital). Il a développé des bots journalistes nommés Flint, Gordon, Yolo, et Jeff, qui sélectionnent des articles et publient quotidiennement une newsletter abordant les sujets les plus pertinents en fonction de leur domaine de prédilection. Ainsi, Flint est assistant robot personnel et propose une newsletter assez générale que l’utilisateur pourra personnaliser en cliquant sur “j’aime” ou “j’aime pas” en dessous de chaque article (Flint analysera les résultats afin d’affiner les prochains contenus), alors que Gordon est passionné par la finance et l’économie, Yolo par l’écologie et le climat, et Jeff par les médias. Les lecteurs sont libres de s’abonner à la ou les newsletter qui les intéresse. L’intelligence artificielle est donc d’une certaine façon capable d’apprendre à diffuser des contenus porteurs d’intérêts pour ses cibles.

Conclusion ?

On pourra toujours débattre sur le charme de tout faire soi-même, être inquiet sur le monde tout automatisé de demain… Mais si on se disait plutôt que la technologie est accessible et qu’il convient à tout un chacun d’en tirer ce qu’il en souhaite ? A l’image du Thermomix, ce fameux robot de cuisine multifonction décrié par moult cordons bleus mais adulé par d’autres parents de familles nombreuses, qui, finalement, n’empêche personne de cuisiner tel qu’il l’entend.

1 commentaire

  1. BRUNO VERCAUTEREN says:

    “Flint” de TRON? Remoto ioco, pour moi une intelligence artificielle ne doit pas être confondue avec un robot. Déonthologiquement, c’est différent. Le robot pèle vos patates, l’intelligence artificielle vous fera remarquer que votre cravate ne convient pas pour une entrevue…. L’I.A. devra avoir un statut protégé, afin d’éviter notre actuel devenir: des robots humains qui enrichissent quelques esclavagistes….

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