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ECO-CONCEPTION WEB : Axellescom s’engage !

ECO-CONCEPTION WEB : Axellescom s’engage !

Comment réduire son impact sur l’environnement ? Une vaste question, néanmoins essentielle, à laquelle chacun tente de trouver des réponses à son échelle. Au niveau d’une entreprise, on pense immédiatement au transport des collaborateurs, à une meilleurs gestion des documents imprimés…mais l’univers digital est souvent exclu (à tort) de cette réflexion, parce que l’empreinte des ressources et son impact sur la planète est moins visible et surtout, souvent mal connu.

Sensible à la question, l’agence Axellescom a décidé de creuser le sujet et de s’inscrire dans une démarche d’éco-conception pour ses sites web. Pour en savoir plus sur le sujet, entretien avec Jean-Luc Gay, directeur technique associé et Rudy Bazantay, en charge de la démarche globale d’eco responsabilité de l’agence.

Tout d’abord, pourquoi le web est-il  energivore ?

Le web a auprès du grand public une image souvent tronquée. Parce que c’est un système simple d’utilisation, accessible à tous (ou presque), facilitant l’accès à l’information la plus débridée, au partage…  on en oublierait presque que derrière le virtuel se cachent des entreprises, des enjeux économiques, et des machines, beaucoup et de plus en plus de machines.

Certes nous avons aujourd’hui pris conscience que les données que nous semons sur la toile peuvent être exploitées à notre insu et dans des buts purement mercantiles, mais avons-nous une idée de notre impact sur l’environnement ?

Quelques chiffres édifiants :

  • Envoi d’un email : 19g de CO2
  • Requête sur Google : 10g de Co2, soit à l’année 241 000 tonnes de CO2
  • Chaque internaute dépense par an 350kWh d’énergie, 200kg de gaz à effet de serre et 3 000 litres d’eau
  • En 2035, internet consommera autant que toute la planète en 2008

Que faire pour limiter l’impact écologique des sites web ?

Il est tentant pour les concepteurs de faire porter le chapeau aux utilisateurs, de les inciter à être éco responsables…. Mais prenons à minima à notre compte la partie du travail que nous pouvons maîtriser, c’est-à-dire la conception des sites et applications.

Nous savons que plus les données sont lourdes à stocker et à transmettre, plus les programmes sont complexes, plus les machines tournent et plus l’énergie engloutie est importante. Les data-centers, routeurs… chauffent (déperdition d’énergie), il faut donc les refroidir (déperdition d’énergie).

Dans une démarche d’éco-conception, nous pouvons jouer sur 3 leviers   :

1- la réduction du stockage inutile
2- la réduction du volume de données à transmettre
3- l’optimisation des développements

« Par définition, les utilisateurs sont responsables de leur utilisation du web…mais c’est notre responsabilité, en tant que concepteur/développeur de leur transmettre des outils optimisés, non seulement en termes d’usage, mais aussi au niveau de l’exploitation des ressources ! »

Quelles méthodes utilisez-vous pour cette cure d’amaigrissement énergétique ?

Nous avons exploré de nombreuses pistes mais fort de notre expérience en gestion de qualité web via le référentiel OPQUAST,  il nous est apparu évident de nous tourner vers un référentiel dont l’approche et le sérieux soit équivalent à celui de la qualité web.

Donc  la première étape a été d’intégré le guide des 115 bonnes pratiques élaborées par Fréderic  Bordage ,fondateur de GreenIT.fr. Le guide faisant partie de la collection OPQUAST par ailleurs.

En réalité nous appliquions sans le savoir une bonne partie de ces bonnes pratiques dont les premières conséquences sont de faire baisser drastiquement le temps de chargement ou d’utilisation serveur. Donc avant tout la recherche d’une expérience utilisateur optimisée, d’un gain notable pour le référencement naturel et d’une optimisation des ressources serveurs, bande passante…

Le référentiel Green IT nous permet de passer sur une phase plus industrielle en systématisant certaines actions sur nos nouveaux développements ou en refonte totale ou partielle de certaines applications.

Comment quantifiez-vous ces résultats ?

Là encore nous avons choisi d’utiliser plusieurs  indicateurs objectifs calculables en interne comme le poids des fichiers, la taille du DOM ou les accès à la base de données, et externe comme le nombre de  requêtes http, la bande passante…

Les mesures externes peuvent se faire avec des outils comme Google PageSpeed ou sur l’application Ecoindex et nous permettent d’ajuster chaque curseur pour trouver un juste équilibre entre l’optimisation technique et le rendu esthétique et fonctionnel, sans oublier le budget alloué à ces optimisations.

Sur notre propre production nous avons élaboré une checklist dynamique qui nous permet d’évaluer chaque modification et d’en juger la pertinence dans l’environnement global du projet.
Un exemple : le choix de fontes (ou polices) spécifiques peut-être préjudiciable pour l’Eco Conception mais essentiel pour l’interface graphique demandée par le client. Cette discussion pouvait durer longtemps tant que nous n’avions pas chiffré l’impact réel des 2 alternatives. Dans ce cas, on peut presque parler d’aide à la décision.

Est-ce que cette méthode d’eco-conception peut s’appliquer à tous les sites ?

Oui sans aucun doute mais il faut parfois savoir faire des concessions. Vouloir optimiser à outrance peut conduire à altérer d’autres aspects qui font qu’un site ou une appli web sont performants : l’ergonomie, les fonctionnalités, la sécurité…

Notre démarche consiste donc à trouver la bonne adéquation entre ces différentes composantes, donc à tester, mesurer, améliorer. Notre approche consiste avant tout à assurer un socle de qualité et de maitrise de la conception écologique raisonnée en évitant la surqualité.

Avez-vous d’autres pistes d’amélioration ?

Oui bien sur. Améliorer l’utilisation des serveurs c’est bien, mais il est également possible de travailler en amont, directement sur les infrastructures techniques (serveurs et data-centers). Il s’agit pour nous de trouver les hébergeurs les plus qualifiés dans le domaine, ceux qui ont une véritable démarche, quantifiable et pas seulement de bonnes intentions qui pourraient cacher des desseins uniquement marketing.

Les premiers critères à prendre en compte sont :

  • L’utilisation d’énergie renouvelable,
  • Le refroidissement naturel des data-centers, ou au moins la récupération de la chaleur dégagée,
  • Des serveurs moins gourmand ( une gamme « low voltage » peut faire gagner 40% d’énergie), et leur remplacement régulier pour éviter les dérives.

Nous avons donc sélectionné plusieurs hébergeurs qui répondent à ces critères, et sommes en cours de tests sur ces plateformes pour en évaluer le potentiel technique, la sécurité, les méthodes de maintenance… tout ce qui fait qu’un hébergement est fiable sur des critères purement techniques et eco-gérés.

Conclusion

L’optimisation technique a toujours été un de nos challenges, ne serait-ce que pour optimiser le référencement naturel, l’utilisabilité ou l’expérience utilisateur. En lançant cette démarche d’éco-conception nous y apportons un sens nouveau et pouvons nous appuyer sur des référentiels qui sont la continuité de notre démarche qualité web menée depuis plusieurs années maintenant.
A suivre !

La pollution cachée d’internet.

6 commentaires

  1. Excellente initiative. Bravo.

    Attention, *** l’énergie n’est pas un enjeu prioritaire *** lorsque l’on cherche à réduire les impacts d’un service numérique.

    Il faut réduire en priorité la quantité de ressources informatiques nécessaires au fonctionnement du service afin de réduire son empreinte environnementale globale, notamment l’épuisement des ressources abiotiques et les différents impacts qui contribuent à l’écroulement de la biodiversité. Ces impacts sont majoritairement rattachés aux équipements des internautes et non aux centres de données (comme le laissent penser trop de reportages comme celui inclus dans votre billet).

    Concernant les chiffres de notre étude (https://www.greenit.fr/2015/05/12/quelle-est-l-empreinte-environnementale-du-web/) que vous citez plus haut, il faut bien noter que ces chiffres ont été calculés en cycle de vie complet et en prenant en compte le périmètre total de l’internet. Les 350 kWh d’énergie sont donc constitués autant d’énergie grise que d’électricité. Idem pour l’eau et les gaz à effet de serre.

    J’espère que ces quelques précisions enrichiront la lecture de votre billet.

    1. Merci pour votre retour et votre expertise,

      évidemment notre démarche s’est largement appuyée sur les travaux du collectif GreenIt et en particulier sur votre ouvrage « les 115 bonnes pratiques ». Un premier pas que nous avons voulu « critique » dans le sens où nous avons souhaité tester par nous même et évaluer les résultats. Les objectifs : comprendre, apporter des éléments mesurables et donc tangibles à nos équipes et à nos clients, démontrer qu’il est possible de créer différemment. Pari réussi pour cette première étape qu’il nous faut maintenant consolider et élargir vers d’autres axes d’optimisation.
      Nous ne manquerons pas d’alimenter cette discussion au fil de nos avancées.

      Merci en tout cas pour vos encouragements et vos compléments d’informations.

  2. Bonjour,

    Pour info, la checklist est désormais hébergée ici https://collectif.greenit.fr/ecoconception-web/ .
    Tous les autres outils du Collectif Conception Numérique Responsable sont dispos ici : https://collectif.greenit.fr/outils.html

    Tous ces outils sont gratuits et ouverts.

  3. Votre article est très clair, merci.
    Quel CMS préconisez-vous pour avoir un site eco-conçu ?

    1. Bonjour,

      Mon avis personnel serait de se détacher complètement des CMS, qui ont malheureusement une tendance à charger beaucoup de composants non utiles au projet concerné. Lorsque l’on est dans une recherche d’efficience et de coller au plus juste au besoin du client, être sur une structure sur-mesure permettra d’avoir plus de liberté.

      Cependant, il n’est pas toujours possible dans un projet de pouvoir le faire. Dans ce cas, il faudra être suffisamment à l’aise dans le CMS dans lequel on développe (quel qu’il soit) pour pouvoir le dégraisser sans risquer un problème d’évolution à long terme (Mise à jour du CMS, du thème ou des plugins utilisés).

    2. Merci à vous.

      Le choix d’un CMS ne peut évidemment pas être guidé uniquement sur l’aspect eco-conception. Il s’agit bien de trouver la bonne adéquation entre les objectifs du site et son impact environnemental, et ceci à chaque niveau de la conception du site incluant le choix du CMS bien sur.
      Idéalement il faudrait se passer de CMS, mais rarement possible sur des sites vivants pour lesquels des mises à jour régulières sont indispensables. Par contre il faut vraiment envisager les fonctionnalités en amont et surtout ne pas se précipité sur Le CMS le plus populaire, ou le plus utilisé…
      Votre site est statique, contient peu de pages qui ne changent quasiment jamais > pourquoi passer par un CMS ?
      Votre même site contient des actualités que vous souhaitez mettre à jour chaque semaine > Pas besoin d’un CMS de dingue pour simplement ajouter des actus, un petit développement maison fera très bien l’affaire.

      C’est toujours le principe: on étudie les besoins réels avant de décider quel outil utiliser. Rien que de très logique.

      Les CMS n’utilisant pas de base de données peuvent également être une bonne alternative pour certains types de sites (Ex: ZWII, CMSimple, PluXML).

      Si vous avez un projet particulier, n’hésitez pas à nous demander conseil: Contact

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