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Blockchain, la disruption ultime

Blockchain, la disruption ultime

Internet a connu ses premiers bouleversements dans les années 80 avec le TCP-IP puis dans les 90  avec l’arrivée du HTML, mais depuis aucune technologie n’a véritablement bouleversé cet écosystème. Les services, les utilisations ont bien sur évolué mais sur une base technologique et économique centralisée et hierarchisée qui elle n’a pas bougé.

Le réseau a permis de faire émerger des services « disruptifs » (Uber, Blablacar..) parce qu’ils transforment en profondeur les systèmes de valeur en plaçant au centre l’utilisateur, l’utilis-acteur, mais au fond, les ficelles sont toujours bien tirées par les organisateurs, les propriétaires de ces plateformes.

 

Bitcoin

Tout commence en 2009, Satochi Nakamoto crée le bitcoin, un système de paiement universel et une monnaie virtuelle, elle-même reprise d’une tentative avortée en 1999 de b-money imaginée par Wei Dai. Décriée et suspectée de nombreuses dérives, la technologie déployée semble aujourd’hui intéresser  les plus grandes banques JPMorgan, Goldman Sachs…, 22 banques de premier ordre regroupées dans projet pour adapter cette technologie avant qu’elle ne transforme leur métier et leur échappe d’ici à 4 ans.

« L’histoire du bitcoin est parsemée d’enigmes, à commencer par son créateur, Nakamoto, qui pourrait bien être un avatar > voir les nombreuses hypothèses relatées par Jean Luc sur le site bitcoin.fr. «

 

En quoi cette monnaie pourrait révolutionner le web ?

Le Bitcoin repose sur la technologie blockchain, un système parfaitement adapté à son mode de fonctionnement qui peut tenir en 3 points : désintermédiation (coût réduit), traçabilité (preuve d’existance) et consensus distribué (sécurité et infalsification).

Pour utiliser Bitcoin, rien de plus simple :  toute le monde peut créer sans aucune condition pour recevoir ou envoyer des bitcoins à n’importe qui et n’importe où et surtout sans autorité centrale.

 

Bitcoin serait donc la première application aboutie qui présage d’un potentiel encore plus révolutionnaire avec un retentissement potentiel sur l’ensemble des organisations économiques, politiques ou sociales ?

Bitcoin c’est Uber sans Uber.

 

La blockchain

La technologie blockchain (ou chaine de blocs) permet de déporter  le modèle de données centralisé vers un modèle parfaitement décentralisé, échappant de ce fait aux organisations qui jusqu’alors en restaient maître.

Dans ce système la validation des transactions est gérée par des serveurs qui peuvent être de simples ordinateurs de particuliers ou des parts de data center d’entreprises (les mineurs). Chaque bloc de donnée est traité (miné) par des algorithmes hébergés sur des machines aussi nombreuses que diverses et capables de s’assurer entre eux pour apporter une preuve quasi inviolable qu’une transaction est valide. Pour le bitcoin, tous les transactions sont consignées en temps réel dans un registre partagé par des milliers d’ordinateurs connectés entre eux  en Peer-to-Peer et chargés de s’auto contrôler sans intervention extérieure.

Le principe des chaines de blocs est une application de la métaphore des généraux Byzantins (1982)*, la méthode à de nombreuses applications dans les domaines des réseaux, des télécom ou de la cryptographie.

* Des généraux de l’armée de Byzance encerclent une citée ennemie et doivent mettre au point un plan de bataille commun mais certains généraux ou leurs messagers sont des traitres. Le problème est donc de trouver un système capable de prouver que chaque message est vrai, non altéré ni tronqué. Pour les matheux ou les amateurs de prises de tête c’est ici : http://mathinfo.univ-reims.fr/IMG/pdf/byzantin.pdf

 

La Blockchain pourrait bien être La nouvelle révolution de l’internet

En permettant de créer un modèle fiable, sûre, universel et totalement affranchi de l’homme et des organes de régulations centrales, la Blockchain est en passe d’Uberiser l’internet tel que nous le pratiquons aujourd’hui et sans doute de transformer en profondeur nos organisations.

L’organisation y est décentralisée et autonome , les règles sont inscrites sous forme de code et s’appliquent sans intervention humaine. Ce système permet ainsi de créer des interactions entre tous les utilisateurs pour un coût d’infrastructure proche de 0 et  pourrait donc remplacer tous les modèles que nous connaissons : réseaux sociaux, transactions bancaires, objets connectés…

Tout un chacun pourrait être capable de créer sa propre organisation selon ses propres règles sans intervention d’une régulation éditée par une structure centrale : les DAOs (organisations décentralisées autonomes).

 

Quelques exemples d’utilisations actuelles de la blockchain :

Le projet OpenBazaar.org montre qu’il est possible de faire fonctionner un site de type Ebay sans avoir à payer des frais de transactions ou de commission.
Bitproof permet de certifier des documents et contrats.
L’Estonie sécurise aujourd’hui la plupart de son infrastructure bancaire avec une blockchain affichant le taux de fraude à la carte bancaire le plus bas de la zone euro.

 

 Personal Computers in 1975, the Internet in 1993 and Bitcoin in 2014
Marc Andreesen (Un des créateur du premier navigateur web)

 

 

1 commentaire

  1. Très bon article sur la révolution blockchain.
    Un autre cas d’usage est la certification des oeuvres d’art où la contrefaçon est un fléau pour les collectionneurs.

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